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Comment définir les enfreints dans l’industrie de la musique québécoise ?

20 MArs 2019
Jon Weisz, Franconnexion.info

Depuis à peine 3 ans, l’industrie de musique québécoise sonne un cri d’alarme par rapport à plusieurs nouveaux défis dans le secteur, notamment la croissance de l’écoute en continu (le streaming) qui remplace les ventes physiques. Malgré l’inclusion de 5 millions de dollars supplémentaires dans le budget provincial 2017-2018 pour aider l’industrie à s’adapter à l’ère numérique, les coulisses du secteur résonnent comme des plaintes désespérées.

La vente d’albums a baissé de 54.5% entre 2011 et 2018 et entre 2005 et 2016, le marché a subi une chute de 6.3 millions de ventes d’albums (en prenant en compte les ventes numériques). Malheureusement, le streaming ne remplacera jamais ce revenu, comme l’argent généré par la musique numérique ne couvre que 17% des pertes pour les projets québécois. De plus, le modèle des années 70, 80 et 90 privilégiant des impresarios est mourant. Les étiquettes de disques ne peuvent guère compter sur leurs stars pour porter l’entreprise. Seulement 1% des environ 400 albums québécois sortis en 2017 ont vendu plus de 50,000 exemplaires et en 2016, uniquement 6 albums ont vendu plus de 25,000 unités.

À partir de la semaine du 7 mars 2019, la firme Nielsen calcule une baisse de ventes d’albums de 10,3% en 2019 au Québec, par rapport à la même période en 2018. Cette tendance forme l’objet d’une conversation en continu dans la province. Que fait-on pour sauver une industrie culturelle occupant une place essentielle dans notre société ? Comment migrons-nous vers des modèles d’affaires adaptés à l’économie actuelle ?

Par contre, ces questions changent d’optique quand on constate que cette baisse de 10,3 % est le plus faible taux de décroissance parmi toutes les provinces canadiennes. C’est-à-dire que les ventes d’albums baissent moins vite au Québec que dans tout le reste du pays. Que ce soit en Ontario (-21.0 %), au Nouveau-Brunswick (-27,3 %), à la Saskatchewan (-32,8 %) ou bien dans les autres provinces atlantiques (-36,9 %), l’état des lieux est encore plus critique dans le reste de la fédération.

Au Québec il y a des cris d’alarme, mais ailleurs au Canada, que des chuchotements relatifs au bruit produit au Québec. Pourquoi? Parce que depuis une décennie déjà, le reste du Canada a pris en main la reconstruction de ses modèles d’affaires. Par contre, au Québec, nos entreprises culturelles se sont souvent contentées de faire appel au tapis roulant du financement culturel, qui représente simultanément un réel privilège en tant que société d’avoir autant de ressources octroyées au développement culturel, mais aussi la complaisance que peut créer ce filet de sécurité.

Pourquoi continuer à soutenir des entreprises qui n’ont pas été assez prévoyantes pour s’adapter à l’ère numérique dans la musique, qui a été accueillie de façon bruyante avec la prolifération de Napster en 1998 ? Pourquoi continuer à mettre le focus sur la production d’enregistrement sonore, un produit que personne ne veut acheter en 2019 ? Pourquoi ne pas aller piger dans d’autres marchés pour des meilleurs pratiques nous permettant de nous adapter ? Pourquoi ne pas investir l’argent public dans des projets novateurs, qui explorent des nouveaux modèles d’affaires et des sources de revenus ? Pourquoi ne pas mettre plus d’emphase sur les 95% de l’industrie qui opèrent de manière indépendante ?

Tellement de questions, trouvons des réponses…

 

 

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