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Écrit par 11 h 31 min À la une, Tournées et spectacles

L’avenir du spectacle, sécurisé ailleurs qu’au Canada

Le 21 novembre, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, déposera l’énoncé économique de l’automne du gouvernement fédéral. Ce mini-budget servira de mise à jour sur les finances fédérales et contiendra de nouvelles mesures qui devraient refléter les priorités du gouvernement. 

Depuis le dépôt du budget fédéral au printemps dernier, le secteur de la musique et des arts de la scène semble être la dernière priorité aux yeux du gouvernement fédéral. Pourtant, avec les fonds déjà octroyés par le gouvernement qui ne suivent pas l’inflation, l’avenir du spectacle est en jeu

Angleterre vs Canada

Cette inquiétude pour le milieu des spectacles est mondiale. Cependant, comparativement au Canada, certains gouvernements sont prêts à aider. Récemment, le gouvernement britannique vient d’annoncer un fonds de 5 M£ pour les salles de musiques, les promoteur.rices et les festivals qui sera géré par l’Arts Council England (ACE). L’industrie musicale en Angleterre peut désormais demander des subventions pouvant aller jusqu’à 40 000£.

Selon Lucy Frazer, secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et aux Sports, ces subventions permettront aux festivals, salles de concerts, promoteur.rices et studios d’enregistrements de développer de nouvelles sources de revenus, effectuer des réparations et des améliorations et améliorer l’expérience musicale live du public. 

Si le gouvernement de l’Angleterre est en mesure de fournir une aide supplémentaire au secteur de la musique et des arts de la scène, qu’est-ce qui empêche le gouvernement canadien de faire la même chose

Présentement, le gouvernement n’octroie que des fonds supplémentaires sur une base temporaire : Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine (DCAP) et le Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA). Ces aides prendront fin en 2024. Plusieurs organismes sectoriels s’étaient d’ailleurs réunis pour lancer la campagne #AvenirDuSpectacle afin de pérenniser ces fonds supplémentaires et d’investir 30 millions de dollars de plus

D’autres options?

Avec le gouvernement fédéral qui fait peu pour aider aux besoins du secteur du spectacle, les salles de spectacles indépendantes doivent se tourner vers d’autres options pour survivre. Certaines salles de spectacles rejoignent des associations comme les SMAQ, qui représente et défend les intérêts des salles de musique alternative au Québec. 

Une autre option est de rejoindre l’entreprise d’organisation et de promotion de spectacles américaine Live Nation. En effet, Live Nation lance son nouveau programme On the Road Again, qui finance les déplacements d’artistes en tournée en plus d’une partie de l’essence, seulement accessible aux salles de spectacles appartenant à l’entreprise. 

Difficile de ne pas abandonner son statut de salle indépendante pour rejoindre ce géant de l’industrie si cela signifie la pérennité de la salle. Live Nation agrandit de plus en plus son influence en ajoutant dans son portfolio plusieurs salles de spectacles ontariennes comme le Danforth Music Hall, le History, l’Opera House et plusieurs autres. 

Live Nation : Une menace pour les salles indépendantes

Si Live Nation continue de prendre possession des salles en Ontario, empêchera notamment les artistes de faire des tournées à travers le Canada. Puisque le Canada est large géographiquement, un.e artiste de la Colombie-Britannique ne voudra peut-être pas aller au Québec si iel n’arrive pas à se produire en Ontario. De même pour un.e artiste du Québec qui veut faire une tournée au Saskatchewan. 

Les artistes auront le choix de faire leur tournée dans des salles de Live Nation ou de faire une croix sur l’Ontario et tout ce qui suit. Cela représenterait un autre coup dur pour les salles de spectacle indépendantes.

Sans l’intervention du gouvernement fédéral, les salles de spectacles indépendantes risquent de fermer leurs portes ou de rejoindre Live Nation consolidant ainsi son contrôle sur l’industrie du spectacle.